09222019Dim

Iran/sanctions : la police empêchera "les troubles et les grèves"

AFP : La police iranienne agira contre ceux qui voudront utiliser les sanctions économiques imposées à l'Iran pour "créer des troubles et des grèves", a déclaré vendredi le chef de la police, le général Esmaïl Ahmadi Moghadam, cité par les médias.

"Les forces de l'ordre agiront contre ceux qui voudront s'appuyer sur les les sanctions économiques et agir en supplétifs des ennemis, en créant des troubles économiques et des grèves", a affirmé M. Ahmadi Moghadam, lors d'un discours à la prière du vendredi à Téhéran.

"Avec les menaces économiques, ils veulent provoquer des troubles, des révoltes et pousser les gens à la désobéissance civile", a-t-il ajouté, selon l'agence Fars.

"Ils ont lancé une violente guerre psychologique contre nous", a-t-il encore lancé.

C'est la première fois qu'un haut responsable iranien reconnaît que les sanctions économiques internationales décidées contre l'Iran à cause de son programme nucléaire controversé peuvent avoir de tels effets.

Le président Mahmoud Ahmadinejad, le gouvernement et la presse officielle ont systématiquement minimisé la portée de ces sanctions, affirmant qu'elles ne feraient que renforcer l'indépendance économique de l'Iran et n'affecteraient pas sa détermination à poursuivre son programme nucléaire.

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a déclaré début septembre que "la nation et les responsables iraniens déjoueront les sanctions et les rendront inefficaces tout comme (elles l'ont été) ces trois dernières décennies".

A l'inverse, l'ancien président Akbar Hachémi Rafsandjani avait affirmé mi-septembre qu'il fallait "prendre au sérieux" les sanctions l'Iran, qui n'a selon lui jamais fait face à une telle "agression planifiée" depuis la révolution islamique de 1979.

Le président du Parlement, Ali Larijani, a également reconnu il y a quelques jours que les sanctions pourraient créer "des difficultés", tout en estimant que l'Iran pouvait les utiliser "comme une opportunité pour développer le pays".

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté le 9 juin une nouvelle résolution renforçant les sanctions internationales contre l'Iran.

Cette résolution, la sixième condamnant l'Iran depuis 2006, a été suivie de nouvelles sanctions unilatérales décidées séparément par les Etats-Unis, l'Union européenne, l'Australie, le Canada, le Japon et la Corée du Sud.

Ces sanctions visent en particulier le secteur énergétique de l'Iran, deuxième producteur de l'OPEP, qui tire du pétrole 80% de ses ressources en devises. Elles interdisent tout investissement dans l'industrie pétrolière, gazière ou pétrochimique mais aussi les importations d'essence par Téhéran.

Elle visent également les banques, les échanges financiers, les assurances et les sociétés maritimes iraniennes.

Vendredi, M. Ahmadi Moghadam a également dénoncé les sanctions américaines, notamment la fermeture de comptes bancaires et l'interdiction de voyager, visant huit dirigeants iraniens accusés d'atteintes aux droits de l'Homme lors de la répression des troubles qui ont suivi la présidentielle de juin 2009.

"Je prie les dirigeants américains de fournir les documents selon lesquelles les responsables sécuritaires iraniens possèdent des comptes bancaires ou ont voyagé aux Etats-Unis", a-t-il dit.

"Les Etats-Unis cherchent à redonner du moral à la contre-révolution (opposition)", a estimé M. Ahmadi Moghadam.

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