11192019Mar

AFP: Si une action militaire des Occidentaux contre le pouvoir syrien est engagée et dure au moins 48 heures, le régime tombera, a assuré jeudi à l'AFP à Paris Muhammad Hussein al-Haj Ali, un ex-général syrien ayant dirigé l'Académie nationale de défense à Damas.

Il a déclaré à Catherine Rama de l’AFP que le régime Syrien dispose d'un arsenal d'armes chimiques très dangereux et très important grâce à des programmes conçus en relation étroite avec l'Iran et la Corée du Nord.

L'ex-général syrien, âgé de 59 ans, formait les officiers de l'armée dans cette académie avant de faire défection en août 2012 et de rejoindre l'opposition syrienne.

Voici cette interview publiée par l’AFP :

Question: Etes-vous favorable à des frappes des pays occidentaux contre le régime de Bachar al-Assad en représailles à l'utilisation présumée d'armes chimiques?
Réponse:
Mes sentiments sont partagés: aimeriez-vous que votre peuple soit bombardé ? (...) Mais en tant que militaire et officier, je souhaite cette action. Nous avons atteint un point de non-retour. L'Iran, la Russie, le Hezbollah soutiennent massivement le régime. L'opposition ne peut pas lutter à armes égales. Une catastrophe se déroule en Syrie. 300.000 personnes ont été tuées dans cette guerre. L'ONU en a enregistré 100.000 mais malheureusement, elle n'a pas les moyens de tout comptabiliser. Les charniers sont innombrables maintenant. Chaque jour, plus de 100 personnes meurent dans les prisons. (...) Le régime est devenu fou, il faut arrêter le massacre. Sans soutien international, nous sommes impuissants. C'est une bataille inégale. (...) Le régime dispose d'un arsenal d'armes chimiques très dangereux et très important grâce à des programmes conçus en relation étroite avec l'Iran et la Corée du Nord. Il y a plusieurs lieux de fabrication et de stockage.

Q. Aucune décision de frappes n'a encore été prise. Y croyez-vous et quelles devraient être les cibles prioritaires, selon vous?
R. Les principales cibles devraient être les rampes de lance-missiles à longue portée, les radars, les système de défense anti-aériens, les centres de commandement, les centres de renseignement, les aéroports, mais je ne pense pas que les Occidentaux vont attaquer toutes ces positions. Ce ne sera pas si étendu. Le scénario d'attaques continues et de vaste portée est peu probable. Il n'y a pas de volonté internationale pour cela mais je peux vous assurer que si les bombardements ont lieu et durent 48 heures non-stop, le régime tombera. Nous sommes en présence d'un régime décadent, engagé maintenant dans une guerre civile depuis deux ans et demi et qui a mobilisé toutes ses forces militaires. Les ressources humaines et en armes s'amenuisent, les militaires sont démoralisés. Je suis en contact quotidien avec certains. Comme cibles prioritaires, en tant que militaire, je choisirais en premier lieu les centres de commandement et de contrôle. Il y en a quatre principaux dans le pays et parmi eux trois sont à Damas, et le quatrième à Homs. Et puis en second lieu, les lance-missiles à longue portée.
Cette intervention, je la juge probable. Toute la crédibilité du monde libre en dépend. (...) Il est temps de s'opposer à la dictature et aux positions honteuses de la Russie (l'ex-général a été formé en Russie). Je suis surpris des tergiversations des Occidentaux, un pas en avant, deux pas en arrière. Quand Obama fixe une ligne rouge comme l'utilisation d'armes chimiques il y a douze mois, cela veut aussi dire que les lignes sont vertes pour les autres types d'armes.

Q. Pourquoi avez-vous fait défection?
R. J'ai fait défection en août 2012 quand j'ai vu que le régime utilisait des armes lourdes contre la population civile. On ne peut pas être un officier patriote et voir des avions bombardiers et l'artillerie lourde utilisés contre le peuple, sans avoir de doutes. Ce recours (aux armes lourdes) a commencé début 2012. En août, j'ai rejoint la rébellion à la frontière entre la Turquie et la Syrie. J'y agis au sein de l'Unité des forces révolutionnaires de Syrie qui a des combattants dans tout le pays. Selon moi, quelque 3.000 officiers syriens ont fait défection, 3.000 autres sont en prison et d'autres ont été exécutés par le régime pour avoir désobéi.

 

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