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Coup de force de l’Iran

The Wall Street Journal

8 septembre 2004
Commentaire

By Thomas McInerney et Paul Vallely

Autant sommes-nous heureux que la rébellion de Moqtada al-Sadr n’ait pas finie dans une bataille sanglante et destructrice pour la grande mosquée de l’Imam Ali à Nadjaf, autant cette satisfaction est tempérée par le fait que cette rébellion n’était pas un acte isolé. Comme al-Sadr lui-même, les affrontements de Nadjaf ont été créés par l’Iran et s’inscrivaient dans les derniers efforts de l’Iran pour déstabiliser l’Irak et réaliser sa domination stratégique du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

Les ambitions stratégiques de l’Iran et son importance dans le terrorisme mondial n’ont rien de nouveau. Presque immédiatement après leur arrivée au pouvoir, les mollahs ont commencé à exporter leur type de révolution islamique. En Orient, ils ont mis en place l’organisation terroriste du Hezbollah, qui contrôle désormais le sud Liban, et par la suite ont fait de la Syrie et de l’Autorité palestinienne leurs clients. Les kamikazes dirigés par l’Iran ont tué des milliers de casques bleus occidentaux au Liban en 1983 et les Etats-Unis ont mené une bataille navale non déclarée contre l’Iran à la fin des années 1980.

Malgré les espoirs de nombreux gouvernements, les troubles généralisés et la lutte interne pour le pouvoir à la fin des années 1990 n’ont pas abouti à un Iran plus démocratique et moins agressif. Au contraire, les mollahs ont fait tomber leurs masques – et ôter leurs gants. L’an dernier, ils ont éliminé les réformateurs du parlement et intensifié la répression des opposants. Ils ont abandonné toute prétention d’adhésion au Traité de non prolifération nucléaire, lançant des mises en gardes apocalyptiques sur d’éventuelles représailles au cas où Israël attaquerait les installations nucléaires de l’Iran, et ont accéléré leur programme de missiles balistiques. L’Iran est plus près que jamais des groupes syriens et palestiniens terroristes, comme le Hamas. A présent, les sources de renseignements israéliennes nous disent que l’Iran préparent ses hommes de main palestiniens pour s’emparer du pouvoir quand le régime d’Arafat s’effondrera.

En Irak, l’Iran vise à reproduire sa réussite au Liban. Depuis la libération de l’Irak, l’Iran a fourni des armes, de l’argent et des effectifs aux groupes chi’ites – dont celui de Sadr – avec le but apparent d’instaurer une version irakienne du Hezbollah qui, au moment voulu, mettra en place le contrôle de facto de l’Iran sur l’Irak chi’ite. Malgré son revers à Nadjaf, al-Sadr continuera presque certainement à faire ce que ses maîtres lui ordonnent.

L’Iran bénéficie déjà – et exploite – une excellente position géostratégique et son immense richesse pétrolière. Si dans quelques années, l’Iran possède des armes nucléaires et exerce un contrôle sur les territoires stratégiquement les plus importants et davantage de ressources énergétiques, il montrera ses gros bras aux Etats du Golfe, à l’Afghanistan et au Pakistan.

Il est donc impératif de contenir l’Iran immédiatement et par la force, en Irak et à l’extérieur. Le gouvernement irakien provisoire devrait immédiatement rompre ses relations avec Téhéran, en avançant le soutien de l’Iran à la subversion contre le pouvoir, et assurer la sécurité de ses frontières contre l’infiltration iranienne. Les Iraniens utilisent avec cynisme les pèlerinages religieux pour les déplacements d’hommes, de matériels et d ‘argent en Irak ; par conséquent, jusqu’à l’amélioration de sa sécurité, l’Irak devrait interdire l’entrée des pèlerins iraniens. Les forces de sécurité irakiennes doivent être renforcées et si nécessaire, les forces américaines en Irak devraient être redéployées pour les soutenir (…)

Certes, la meilleure façon de mettre un terme à la menace que pose l’Iran est de mettre fin au régime des mollahs en Iran. A cette fin, les Américains et les autres pays devraient également raviver les groupes d’opposition en Iran à la fois via une aide ouverte et un soutien couvert. Nous devrions aussi créer le noyau d’un mouvement de résistance armé en retirant le groupe d’exilés iraniens, les Modjahedines du peuple, de la liste de terrorisme du Département d’Etat. Ce groupe est « le mouvement d’opposition le plus organisé, discipliné et populaire en Iran », selon l’expert iranien Alireza Jafarzadeh. Il est temps de réarmer ses 4000 combattants entraînés.

Nous savons que ces suggestions en frapperont plus d’un comme trop fortes. Vu que l’Iran est toutefois déterminé à rechercher la domination régionale, notre contre-mesure doit être plus puissante que toutes celles que nous avons connues dans les 25 ans de la guerre froide avec l’Iran. Le succès de l’Irak en dépend.

Le général McInerney et le général Vallely, retraités de l’armée de l’air et de terre des Etats-Unis, sont des analystes militaires sur la chaîne de télévision américaine Fox News.

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