PARIS, AFP: Si l'Iran veut participer à une conférence de paix sur la Syrie, il devra accepter la constitution d'un gouvernement de transition, a dit jeudi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, en réfutant tout changement de position de Paris sur une participation iranienne.

"La France n'a pas changé de position. Elle dit que peuvent être présents à cette conférence tous ceux qui ont une position utile, c'est-à-dire d'abord accepter l'objet de la conférence qui est de mettre sur pied un gouvernement de transition par consentement mutuel, devant être doté de tous les pouvoirs exécutifs", a expliqué le ministre en marge d'une visite du salon aéronautique du Bourget près de Paris.

"Pour le moment, l'Iran n'a pas accepté que ce soit le but de la conférence. Si la nouvelle présidence iranienne fait des déclarations expresses pour aller dans ce sens, nous verrons quelle est la position", a ajouté Laurent Fabius.

Si le nouveau président iranien Hassan Rohani "peut être utile, oui, il sera le bienvenu" à Genève 2, avait déclaré mardi le chef de l'État français François Hollande, à l'issue d'un sommet du G8 en Ulster.

Le 17 mai, la France avait au contraire été catégorique pour refuser une présence de l'Iran à une conférence internationale envisagée alors pour juin.

"En ce qui nous concerne, en tous les cas, (nous ne voulons) pas l'Iran" à cette conférence, avait souligné le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Philippe Lalliot, lors d'un point-presse.

"La crise syrienne, par contagion, touche toute la zone. Il y a un enjeu de stabilité régionale, on voit mal qu'un pays (l'Iran) qui représente une menace pour cette stabilité participe à cette conférence", avait-il ajouté.

Dans son refus, Paris avait aussi donné comme raison la non acceptation par Téhéran de "paramètres" adoptés lors d'une première réunion sur la Syrie à Genève à l'été 2012, comme la proposition de constituer un exécutif de transition.

Laurent Fabius avait également dit redouter un "marchandage", l'Iran risquant de "faire traîner" la réunion et de proposer ensuite des concessions sur la Syrie en échange de concessions sur le dossier nucléaire iranien.