DUBAÏ, (AFP): L'Irak n'a pas les moyens d'empêcher les livraisons par avion d'armes iraniennes à destination du gouvernement syrien, a affirmé le ministre irakien des Affaires étrangères, Hoshyar Zebari, sans confirmer que ces livraisons avaient lieu.

"Depuis septembre, nous avons commencé à inspecter de manière aléatoire les avions iraniens et syriens (traversant l'espace aérien irakien). Nous avons trouvé du matériel non-létal, comme des équipements, des médicaments et de la nourriture", a déclaré M. Zebari dans un entretien publié samedi par le quotidien panarabe Asharq al-Awsat.

"En toute honnêteté, ces avions peuvent transporter d'autres choses, mais nous n'avons pas de moyens dissuasifs, ni les défenses aériennes et les avions de chasse qui pourraient empêcher (...) les livraisons d'armes", a-t-il ajouté.

Les puissances occidentales opposées au régime de Bachar al-Assad, estimant que l'Iran, allié du président syrien, alimente régulièrement les forces de Damas en armes, ont régulièrement demandé à l'Irak de contrôler les avions empruntant son espace aérien.

Selon M. Zebari, la réponse de Bagdad est toujours: "Je n'ai pas donné mon consentement (à des livraisons d'armes via son espace aérien) et je n'ai pas les moyens de l'empêcher".

"J'ai dit aux Occidentaux: si vous voulez arrêter le pont aérien entre l'Iran et la Syrie au-dessus de l'Irak, allez-y", a-t-il ajouté.

En Syrie, la révolte entamée en mars 2011 contre le président Assad s'est transformée en une guerre civile marquée par de fortes tensions confessionnelles, entre les sunnites soutenus par les riches monarchies du Golfe et les chiites appuyés par l'Iran.

M. Zebari, lui-même un Kurde sunnite, avait reconnu en juin que des chiites irakiens combattaient en Syrie au côté des troupes d'Assad, qui est alaouite, une émanation du chiisme, tout en assurant qu'ils s'étaient engagés à titre personnel.