Le chef rebelle dément tout lien avec les extrémistes. Selon lui, la résolution de la crise passe par la fin de l’intervention de Téhéran.

DNA - Il a fait défection à Bachar el-Assad en juin 2012 pour rallier les rangs de l’opposition. Le général de brigade Mithkal Albtaish est aujourd’hui membre du commandement con- joint de l’Armée syrienne libre (ASL).

Vous étiez cette semaine à Paris, à l’occasion d’une réunion de l’opposition syrienne. Que reste- t-il aujourd’hui de cette opposition ?

Il est vrai qu’il existe des groupes divers d’opposants aux points de vue différents, mais tous s’accordent sur un seul et même objectif : la chute du régime d’Assad par n’importe quel moyen. Des groupes d’opposition et la coalition nationale syrienne se sont mis d’accord, lors de la conférence de Riyad, pour former une délégation représentative pour les négociations. Si de nombreux pays soutiennent l’opposition, c’est surtout par les mots. Leurs déclarations répétées rappellent l’histoire d’un éleveur de moutons qui leur donne suffisamment à manger pour ensuite laisser les loups les attaquer et les dévorer.

Comment la communauté internationale vous soutient-elle ?
Principalement sous la forme d’une aide alimentaire et médicale et de petites quantités de munitions pour les armes personnelles et légères, de manière à ce que les forces révolutionnaires soient incapables de changer la donne sur le terrain, faute d’armement qualitativement décisif, alors que les forces du régime, les milices liées à l’Iran et la Russie bénéficient de tout l’armement et de l’équipement nécessaires qualitativement et quantitativement, même des armes prohibées par les lois internationales.

La révolution n’a-t-elle pas été confisquée par les groupes extrémistes ?

Il y a trop de fausses informations diffusées par certains médias et ceux qui exagèrent certains faits pour déformer la réalité. Les médias contrôlés par le régime d’Assad ont ainsi plus ou moins réussie l’insurrection comme un courant extrémiste pour s’attirer des positions favorables des pays occidentaux. Le peuple syrien n’a strictement rien à voir avec cela. Les groupes extrémistes qui existent en Syrie sont tous la création du régime iranien, leurs chefs ont séjourné longtemps en Iran et leurs membres et exécutants sont des fondamentalistes présents partout dans le monde.

Le problème en Syrie, c’est donc l’Iran ?

C’est malheureusement le régime iranien qui gouverne la Syrie militairement (1) et, en cas de besoin, s’appuie sur le droit de veto de la Russie pour peser sur les décisions internationales. La résolution de la crise passe par la fin de l’intervention de Téhéran.

La paix est-elle encore possible ?

L’ASL, qui a des représentants au sein du comité de négociation, a la volonté d’arriver à un accord et politique pacifique. Mais la faisabilité d’un tel processus dépend avant tout de la volonté de la communauté internationale d’inciter le régime syrien à accepter des négociations sérieuses sur la base des décisions de la conférence de Genève. Le peuple syrien n’est ni intégriste ni extrémiste. C’est un peuple aux composantes diverses et aux cultures différentes, mais des siècles durant, toutes ces composantes ont su vivre ensemble dans un esprit de solidarité et de fraternité. Or l’indifférence de la communauté internationale l’a poussé à chercher de l’aide où il pouvait la trouver pour se débarrasser de ce régime monstrueux. 

PROPOS RECUEILLIS PAR SÉBASTIEN MICHAUX

Q 1. D’après l’opposition iranienne en exil, à qui l’on doit la révélation du programme nucléaire iranien en 2002, les forces iraniennes en Syrie, mercenaires compris, seraient d’environ 80 000 hommes.

 

SOURCE: DNA

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