Le quotidien Le Soir de Belgique a écrit, sous la plume de son journaliste LOUIS COLART, au sujet du dossier du projet d’attentat du régime iranien contre l’OMPI et le CNRI, déjoué en 2018 à Villepinte, Paris Nord.

Voici un extrait de l’article qui évoque la visite la semaine dernière du coordinateur de l’action antiterroriste des États-Unis à Bruxelles :

Nathan Sales, le coordinateur de l’action antiterroriste des États-Unis, est à Bruxelles depuis lundi. Il arrive avec deux messages pour les Européens : primo, « rapatriez vos djihadistes détenus en Syrie » et secundo, « prenez conscience de la menace terroriste iranienne. »

Sur le « terrorisme d’Etat sponsorisé par l’Iran », ce responsable du Département d’Etat a un exemple éclatant. Exemple qui touche directement la Belgique. A savoir : un projet d’attaque à la bombe d’un meeting de l’opposition iranienne à Villepinte (région parisienne), déjoué en juillet 2018 par les autorités belges.

« Laissez-moi décrire ce complot, parce qu’il illustre bien cette ambition diffuse de l’Iran dès qu’il s’agit d’exporter le terrorisme autour du monde, y compris au cœur de l’Europe de l’Ouest », amorce Nathan Sales devant une poignée de journalistes. « A ce meeting, un grand nombre de citoyens français, américains ou de toute l’Europe étaient présents. Et toutes ces vies étaient potentiellement menacées par ce complot iranien. La cible de l’Iran était certainement ce groupe d’opposition, mais il y avait un important risque de dommages collatéraux contre des civils innocents. Autre fait : c’était aussi un complot paneuropéen. Le cerveau présumé de l’attaque était basé en Autriche, il a recruté des hommes en Belgique qui devaient mener une attaque en France, près de Paris. Les États-Unis sont très préoccupés par ce type d’organisation à travers l’Europe. »

L’enquête judiciaire est toujours en cours. Avec trois principaux suspects. Un couple de Belges d’origine iranienne, Amir S. et Nasimeh N. et un ex-diplomate à l’ambassade iranienne de Vienne, Assadollah Assadi.

500 gammes d’explosifs

Le couple belge avait été arrêté samedi 30 juin 2018 à bord de leur véhicule, à Woluwe-Saint-Pierre. Dans le coffre, ils transportaient 500 grammes de TATP. Cet explosif dévastateur avait notamment été utilisé lors des attentats de Paris et Bruxelles.

Le complot avait été déjoué grâce à la coopération de « plusieurs services de renseignement étrangers » et en collaboration avec la Sûreté de l’Etat et le parquet fédéral belges.

L’Etat iranien avait été directement soupçonné d’être derrière cette tentative d’attentat. D’abord en raison de la cible, un meeting des Moudjahidines du peuple ; un parti d’opposition interdit par Téhéran, considéré jusqu’en septembre 2012 par les États-Unis comme un groupe terroriste. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Des personnalités politiques américaines, proches de Donald Trump (Rudy Giuliani, Newt Gingrich), étaient d’ailleurs attendues à Villepinte le jour de l’attentat manqué, parmi 25.000 personnes.

Suffisant pour accuser l’Iran d’avoir fomenté l’attentat ? « Les autorités judiciaires belges le pensent. La Belgique poursuit le présumé leader du complot (Assadollah Assadi, NDLR) et a réussi à faire extrader ce suspect depuis l’Allemagne. Des magistrats européens professionnels estiment donc que cette opération était menée au nom de l’Iran », souligne Nathan Sales.

Téhéran soutient un suspect

« Cette affaire nous conforte dans l’idée que le terrorisme d’Etat iranien ne connaît pas les frontières européennes », abonde Me Georges-Henri Beauthier, avocat des parties civiles dans cette instruction judiciaire. Une trentaine de personnes ainsi que le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), un mouvement proche des Moudjahidines du peuple, se sont constitué parties civiles. « Les Iraniens font pression sur la diplomatie européenne pour faire libérer ce suspect [Assadi]. Pour cela, ils font valoir son statut de diplomate. Il y a urgence à ne pas laisser traîner ce dossier. » L’avocat a d’ailleurs déposé récemment au parquet fédéral une série de pièces visant à démontrer le soutien public de Téhéran au cerveau présumé de la tentative d’attentat de Villepinte.

« Quelqu’un qui a planifié une attaque contre un rassemblement politique n’est pas un diplomate, c’est un terroriste. », tranche Nathan Sales. « Ce chantage avec les demandes d’échange de prisonniers contre ce suspect nous montre le vrai visage de la politique iranienne avec ses otages. L’Iran prend des personnes en otage et ensuite les utilise comme monnaie d’échange », analyse l’officiel américain depuis l’ambassade à Bruxelles. « Nous pensons que chaque pays européen devrait comprendre la vraie nature du régime iranien. Il faut couper toute source de revenu, notamment, au Hezbollah. »

 

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