Iran : Un candidat à la présidentielle voit dans les attentats une main de l’intérieur

Iran Focus, Téhéran, 16 juin – Un des huit candidats à la présidentielle a déclaré que la série d’explosions pré-électorales en Iran n’était pas l’œuvre du principal groupe d’opposition, les Moudjahidine du peuple, l’OMPI.

« Les membres des Moudjahidine du peuple ne peuvent pas être tenus pour responsables des attentats », a déclaré Mostafa Moïne dans un rassemblement électoral dans la ville de Khomeiny, au centre de l’Iran. « Nous devons découvrir quelle bande criminelle est responsable de ces actes ».

Les propos de Moïne ont apporté de l’eau au moulin des spéculations comme quoi les attentats à Téhéran, Ahwaz et Zahedan pourraient être le fait d’éléments internes à la théocratie. De hauts responsables de la police secrète iranienne avaient été reconnus coupable d’attentats à la bombe et d’assassinats dans les années 1990.

Mostafa Moïne a été ministre de l’enseignement supérieur sous le président Khatami sortant.

Dans une entorse très rare à la terminologie officielle pour l’OMPI, Moïne n’a pas parlé du groupe en terme « d’hypocrites », mais en mentionnant son vrai nom.

Les autorités iraniennes ont rapporté que sept personnes avaient été tuées et 75 autres blessés dans quatre attentats à Ahwaz dimanche. Deux autres explosions à Téhéran plus tard dans la nuit avaient fait deux morts et quatre blessés.

Après des heures de déclarations contradictoires sur les motifs derrière ces bombes, Ali Aghamohammadi, le porte-parole du gouvernement en matière de sécurité, a accusé « les groupes d’opposition appelant au boycott de l’élection ». Il a ajouté que les agents infiltrés « pourraient appartenir à (l’OMPI) ».

Dans des communiqués adressés aux agences de presse internationale, l’OMPI a vigoureusement démenti toute implication dans les explosions d’Ahwaz et de Téhéran.

« C’est juste une mesure désespérée des mollahs face à ce qui s’annonce comme un boycott décisif de leur mascarade électorale du 17 juin, c’est pour cela qu’ils accusent les Moudjahidine de ces attentats », a déclaré au téléphone Chahine Gobadi, un porte-parole du Conseil national de la résistance iranienne dont l’OMPI fait partie.