AFP : 8 décembre - Le ministre iranien des Renseignements a démenti les informations de la justice selon lesquelles les membres importants d'Al-Qaïda arrêtés en Iran avaient été condamnés, ont rapporté mercredi l'agence officielle Irna et l'agence semi-officielle Fars, proche de la justice.
"Probablement, la justice de Téhéran voulait parler de la condamnation de sympathisants d'Al-Qaïda et non de leurs membres principaux", a déclaré Ali Younessi, cité par l'agence Irna.
Mardi, un porte-parole de la justice de Téhéran avait annoncé à l'AFP que les membres d'Al-Qaïda détenus en Iran avaient été jugés et condamnés. "Les peines ont été prononcées", avait déclaré ce porte-parole sous couvert de l'anonymat, refusant de donner plus de précisions.
"Les jugements seront rendus publics quand les obstacles légaux à cette annonce seront levés", avait-il affirmé.
Mais M. Younessi, cité mercredi par Fars, a indiqué que "ceux des membres d'Al-Qaïda dont les dossiers n'étaient pas compliqués ont été extradés vers leur pays d'origine et le dossier des membres, importants ou pas, de ce groupe est en train d'être examiné".
Fars avait donné lundi en premier l'information concernant la condamnation des membres d'Al-Qaïda en citant le chef de l'autorité judiciaire à Téhéran, Abbas Ali Alizadeh.
Le ministère des Renseignements, proche des réformateurs, et la justice contrôlée par les conservateurs, se sont ouvertement opposés ces derniers mois sur plusieurs sujets sensibles.
On ignore quels sont les membres d'Al-Qaïda qui ont été arrêtés et par quel service ils sont détenus.
Les autorités iraniennes se montrent toujours extrêmement discrètes sur ce sujet délicat pour la République islamique.
Téhéran a toutefois reconnu que, s'il avait extradé la plupart d'entre eux vers leur pays d'origine, il en détenait toujours un certain nombre, dont des figures éminentes d'Al-Qaïda.
En 2003, les Iraniens ont admis avoir arrêté des centaines de membres du réseau depuis l'automne 2001 et l'attaque américaine en Afghanistan. Le chiffre de 500 a été énoncé par des officiels.