Iran Focus, 4 mai – Dans une interview avec un site officiel Internet iranien, Ali-Akbar Velayati, ancien ministre des affaires étrangères et haut conseiller du guide suprême l’ayatollah Ali Khameneï, a évoqué une responsabilité officielle dans des opérations terroristes contre des opposants à l’étranger.

Dans un entretien avec le site Baztab le 3 mai, revenant sur les années 1990, Velayati a déclaré que « c’est à force de travail et de techniques diplomatiques que les relations avec l’Europe ont été telles qu’elles ont préservé notre honneur national et notre dignité. Cependant avec l’enchaînement des événements, comme le meurtre de Bakhtiar, l’affaire du Mykonos, et les événements en Autriche et en Belgique, ces initiatives ont subi des revers. »

Chapour Bakhtiar a été assassiné à Suresnes en août 1991. En septembre 1992 quatre Kurdes iraniens opposés au régime étaient tués dans le restaurant grec Mykonos à Berlin. Abdolrahman Ghassemlou, dirigeant du Parti démocratique du Kurdistan d’Iran a été assassiné à Vienne en 1989. L’allusion de Velayati à « l’événement » de Belgique, concerne la découverte de trois mortiers géants de 320 mm dans un navire iranien amarré au port d’Anvers en 1996. La police belge avait déterminé que le ministère des renseignements iranien avait l’intention d’utiliser ces mortiers pour bombarder la résidence de Maryam Radjavi, la présidente de la République élue du Conseil national de la Résistance iranienne, dans le nord de Paris.

A la suite d’une enquête de trois ans, un tribunal de Berlin avait annoncé en 1997 qu’un comité spécial, constitué de Khameneï, de l’ancien président Rafsandjani, de Velayati et de Ali Fallahian (ministre des renseignements de l’époque), était directement responsable d’attentats terroristes à l’étranger. La justice avait alors lancé un mandat d’arrêt international contre ces individus.

L’aveu de Velayati a été accueilli avec inquiétude par les médias officiels iraniens, dont un article affirmant que cela allait entraîner de graves conséquences pour le régime en place.