Iran Focus: Dans un acte de barbarie, la justice régime iranienne a ordonné et appliqué l’amputation d’un homme de 29 ans des doigts d’une main, en public le 24 janvier à Chiraz.

Selon l’agence ISNA, l’homme a été reconnu coupable de vol, de recel et d’adultère par le tribunal pénal de la ville. Dans son jugement, le système judiciaire de la province de Fars,  l’a condamné, en plus de l’amputation de la main, à trois ans de prison et 99 coups de fouets.

Les quatre photos de la scène ont été diffusées par l’agence iranienne, puis reprises sur les réseaux sociaux.

Ali Alghassi, le procureur de Chiraz, a qualifié l’amputation des doigts d’ « avertissement sérieux » pour tous ceux qui « causent de l’insécurité ». « Le judiciaire a mis à l’ordre du jour la fermeté et l’intolérance », a-t-il menacé.

Les amputations et les exécutions de jeunes accusés de vol se déroulent alors que pas un jour ne se passe en Iran sans que des révélations fassent lumière sur des milliards de dollars de détournements et de vol par les diverses bandes au pouvoir, sans que jamais les autorités du régime ne subissent de tels châtiments.

Les mollahs ont de plus en plus recours à des châtiments barbares en public pour renforcer le climat de terreur dans l’espoir de contenir la révolte qui gronde.

Contacté par FRANCE24, le porte-parole de l’organisation Iran Human Rights, Mahmoud Amiry-Moghaddam, basé en Norvège, explique : « Ce qui est étonnant cette fois-ci, c’est que non seulement c’était une amputation publique mais qu’en plus les photos de la scène ont été diffusées par les agences officielles, dévoilant au passage une machine dont nous n’avions jusque-là pas d’images. Nous avons remarqué récemment que les autorités faisaient de plus en plus de publicité autour des châtiments corporels publics. A chaque fois que des élections approchent, le nombre de châtiments corporels publics augmente. Or la présidentielle approche [prévue en juin]. Cette stratégie vise selon moi à contrôler la population par la peur afin d’éviter tout mouvement de protestation. »

L’ensemble des lois pénales actuelles du régime, intitulé le code pénal islamique et contenant 729 articles, est entièrement basé sur des châtiments corporels comme la peine de mort, torture et la flagellation. Outre des châtiments inhumains comme la lapidation, la crucifixion, faire chuter la victime du haut d’un rocher, amputations… dans plus de 100 cas la peine de mort et dans environ 50 cas des coups de fouet ont été prévus.

 

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