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Les décideurs occidentaux ont ignoré les relations entre l’Iran et Al-Qaïda

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Dans un discours récent, l’ancien secrétaire d’État Mike Pompeo a clairement indiqué que les décideurs politiques occidentaux avaient eu tort d’assumer une relation intrinsèquement antagoniste entre la théocratie chiite iranienne et le groupe terroriste sunnite Al-Qaïda.

Pompeo a révélé pour la première fois que le commandant en second d’Al-Qaïda, Abu Muhammad al-Masri, avait été tué dans les rues de Téhéran l’année dernière. Sa présence là-bas était indicative d’un plus grand nombre d’agents d’Al-Qaïda bénéficiant d’un passage sûr ou d’une résidence stable en Iran, et cela confère du crédit à l’allégation de Pompeo selon laquelle l’Iran est désormais la base centrale des opérations du groupe terroriste responsable du drame du 11 septembre 2001.

Il serait difficile de surestimer le danger que représente cette relation funeste. Le régime en Iran a une longue histoire de canalisation de ses propres objectifs terroristes à travers une gamme de groupes mandataires comme le Hezbollah.

Les capacités du régime sont potentiellement multipliées par l’ajout d’une autre organisation de haut niveau à ce réseau, surtout si cela se produit à un moment où de nouveaux mandataires terroristes prolifèrent à travers le Moyen-Orient.

Les conflits en Syrie, en Irak et au Yémen ont donné à la République islamique des mollahs de nombreuses occasions de recruter et de former des combattants dans chacun de ces endroits. Beaucoup d’entre eux se tiennent maintenant à la tête de groupes qui prêtent allégeance au guide suprême iranien et sont très probablement prêts à manifester leur dévouement par des opérations au-delà des frontières de l’Iran.

Bien entendu, Al-Qaïda ne partage pas cette motivation. Les décideurs politiques occidentaux ont raison de noter que l’organisation sunnite rejette la marque de l’islam pour laquelle Ali Khamenei aspire à être le seul leader mondial. Mais on sait qu’Al-Qaïda et l’Iran travaillent vers les mêmes objectifs.

Les rapports des services de renseignement ont montré que les deux entités étaient plus que disposées à mettre de côté leurs différences idéologiques afin de saper les intérêts occidentaux. C’est pour cette raison que le régime en Iran a abrité des membres d’Al-Qaïda à la suite des attentats du 11 septembre et de l’invasion américaine de l’Afghanistan.

Leurs objectifs communs ont également conduit l’Iran à servir de couloire pour les combattants d’Al-Qaïda qui tentent de se rendre en Syrie, où ils ont contribué à prolonger la guerre civile, conduisant à une emprise iranienne beaucoup plus profonde sur le pays.

Cette situation et les développements connexes ont grandement mis en péril les perspectives de stabilité régionale et de sécurité mondiale. Mais une grande partie de cela aurait pu être évitée si les décideurs politiques occidentaux avaient été suffisamment sensibles aux vastes réseaux multisectoriels qui commençaient à se développer il y a des années. Le récent discours de Pompeo n’a pas donné d’informations totalement nouvelles.

Il a seulement mis en évidence le résultat d’un long processus par lequel les groupes terroristes islamistes ont coopéré pour renforcer leur mainmise contre des puissances étrangères qui étaient largement préoccupées par d’autres questions.

Pompeo a identifié 2015 comme le tournant où la coopération entre l’Iran et Al-Qaïda est devenue systématique et formalisée. C’est à ce moment-là, a-t-il noté, que les États-Unis, l’Union européenne et trois de ses principaux États membres se sont focalisés sur la conclusion d’un accord nucléaire avec la République islamique.

Non seulement ce processus a encouragé les puissances occidentales à fermer les yeux sur les développements qui auraient pu menacer les négociations, mais il a également promu ces négociations comme un signe que l’Iran, un État islamiste, était fondamentalement différent et plus digne de confiance qu’Al-Qaïda.

Il ne fait aucun doute que l’absence de conséquences pour cela et d’autres incidents provocateurs a encouragé la République islamique à poursuivre ses objectifs funestes parfois directement et parfois par l’intermédiaire de ses mandataires.

En 2018, cette tendance a abouti à un complot terroriste qui, s’il avait réussi, aurait été la pire attaque terroriste iranienne à avoir eu lieu sur le sol occidental depuis des décennies. En juin de la même année, la coalition pro-démocratie connue sous le nom de Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) avait organisé son rassemblement annuel près de Paris.

Le jour de l’événement, un couple iranien a été arrêté alors qu’il tentait de pénétrer en France avec un engin explosif qui leur avait été remis au Luxembourg par un diplomate iranien de haut rang, Assadollah Assadi.

Lorsque le procès de ces personnes a commencé en novembre, il a été établi que la bombe était suffisamment puissante pour tuer des centaines de personnes lors de l’explosion initiale, sans parler de ceux qui auraient pu mourir dans une bousculade qui a suivi.

 

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