Intelligence ReportsTerrorismeInterpol maintient ses mandats d'arrêt contre cinq responsables iraniens

Interpol maintient ses mandats d’arrêt contre cinq responsables iraniens

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AFP, Marrakech, Maroc, 7 novembre – L’Assemblée générale d’Interpol a confirmé par vote, mercredi, les mandats d’arrêt frappant cinq responsables iraniens et un Libanais accusés d’implication dans un attentat meurtrier contre une institution juive à Buenos Aires en 1994.

La résolution a été adoptée par 78 voix pour, 14 voix contre, et 26 abstentions, au troisième jour des assises de la plus importante organisation policière au monde, qui se tiennent jusqu’à jeudi à Marrakech, dans le sud du Maroc, a indiqué un participant.

Jusqu’au bout, les représentants iraniens ont tenté de convaincre les délégués d’annuler la décision prise en mars par le Comité exécutif d’Interpol à l’encontre de l’ex-ministre iranien du Renseignement Ali Falahian, d’un ancien haut commandant des Pasdaran (Gardiens de la révolution) Mohsen Rezaï et de trois diplomates ayant servi en Argentine.

Le Libanais Imad Moughniyeh est considéré comme l’ex-chef des services de renseignement du Hezbollah et il est soupçonné de plusieurs attentats dans son pays.

« La politique a pris le dessus sur la justice. Ce n’était pas un vote sur un point de justice mais un vote politique », a affirmé à l’AFP le directeur du département juridique international au ministère iranien des Affaires étrangères, Alireza Deihim, après le scrutin.

Un autre délégué, Djamchid Momtaz, professeur de droit international à l’université de Téhéran, avait assuré avant le vote: « les Américains et les Israéliens ont fait cette campagne car si l’Assemblée générale approuvait ces notices rouges, cela voudrait dire que l’Iran est un pays terroriste et que les hautes autorités iraniennes mènent des opérations terroristes ».

Dans le système d’Interpol, une « notice rouge » est une requête demandant l’arrestation d’individus recherchés.

En revanche, la délégation argentine n’a pas caché sa joie. « Nous avons réussi quelque chose que nous attendons depuis longtemps, c’est-à-dire l’émission des notices rouges contre les suspects d’un acte que vous connaissez », a déclaré aux journalistes Alberto Nisman, le procureur en chef argentin.

« Même après treize ans, ce résultat montre que l’on peut lutter pour la justice avec les instruments fournis par la loi pour lutter contre le terrorisme », a ajouté le magistrat.

Il a contesté les déclarations de la délégation iranienne. « Pour nous, c’est une affaire légale et nous n’avons rien contre l’Iran, son peuple et son gouvernement. C’est un affaire de police et des accusations contre un groupe de personnes qui, à un moment donné, ont occupé des positions dans le gouvernement iranien », a-t-il dit.

Il s’est toutefois montré pessimiste sur une éventuelle extradition car, a-t-il noté, les lois en Iran excluent l’extradition de suspects iraniens, selon les déclarations d’un haut responsable iranien.
Avant le scrutin, un délégué iranien, puis un représentant argentin ont exposé devant les 600 délégués leurs points de vue contradictoires.

« Je suis satisfaite car il s’agit d’une affaire criminelle. Je suis très contente car les auteurs doivent être jugés non parce qu’ils ont fait quelque chose contre les juifs mais contre des être humains », a déclaré à l’AFP Anat Granit, commandante des opérations spéciales de la police israélienne.

Pour sa part, après le vote, le président d’Interpol Jackie Selebi a estimé qu’Interpol « avait traité de manière impartiale et juste les deux parties dans cette dispute » et que « le vote aujourd’hui marque la conclusion du processus ».

« Nous continuerons toutefois à encourager (les deux parties) à essayer de coopérer sur cette affaire de manière bilatérale et le secrétariat général est prêt à les encourager », a-t-il ajouté.

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