Iran Droits de l'homme Deux autres crimes d'honneur en Iran révèlent la misogynie...

Deux autres crimes d’honneur en Iran révèlent la misogynie des mollahs

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Deux autres crimes d'honneur en Iran révèlent la misogynie des mollahs

Par Pooya Stone

Deux jeunes Iraniennes ont été assassinées par les membres de leur famille cette semaine, relançant le débat sur les crimes d’honneur qui sont autorisés par les lois misogynes du régime islamiste.

Reyhaneh Ameri, 22 ans, a été tuée par son père lundi pour être rentrée tard la nuit.

Elle était arrivée à la maison dimanche vers 23h30 et s’est disputée avec son père. Sa sœur a dit qu’elle était arrivée à la maison entre 8 h 30 et 9 heures du matin, mais personne n’a répondu lorsqu’elle a frappé. Alors elle s’est introduite dans la maison et l’a trouvé en plein désarroi. Quelques minutes plus tard, son père est rentré chez lui, mais a nié savoir où se trouvait tout le monde ; il est allé dans sa chambre où il a changé de chemise avant de repartir.

Lorsque sa mère est rentrée à la maison, elle a d’abord raconté une histoire sur le fait que Reyhaneh était toujours dans sa chambre lorsqu’elle avait quitté la maison ce matin-là, mais a ensuite avoué qu’il y avait eu une altercation.

Elles sont entrées dans la chambre fermée à clé pour trouver Reyhaneh disparue, avec du sang couvrant les murs et les vêtements éparpillés sur le sol. C’est à ce moment-là qu’elles ont appelé la police, qui a postulé que Reyhaneh avait probablement été attaquée avec une hache manquante par son père et traînée de sa chambre à une voiture.

La police a retracé le téléphone de Reyhaneh dans un village voisin en attendant le retour du père à la maison. Ils l’ont arrêté immédiatement quand ils ont découvert que le coffre de la voiture était plein de sang. Mais il s’est mis en colère et a nié savoir quoi que ce soit à ce sujet.

La police a cherché Reyhaneh sans succès jusqu’à 23 heures, lorsque le père a finalement admis avec un sourire qu’il l’avait frappée à la tête avec une hache et a révélé où il l’avait jetée.

Reyhaneh était décédée au moment où son corps a été retrouvé, mais un médecin légiste a déclaré qu’elle était toujours en vie à 21 heures, après avoir souffert pendant des heures. Si elle avait été trouvée plus tôt, elle serait peut-être encore en vie.

Le père avait précédemment dit à sa femme qu’il tuerait Reyhaneh un jour et avait tenté de la battre à mort en 2017, ce à quoi elle n’a survécu que parce que sa sœur est intervenue.

Une autre crime odieux

Fatemeh Barihi, 19 ans, a été décapitée par son mari samedi. Elle avait été forcée d’épouser son cousin violent deux ans plus tôt et avait essayé de partir peu de temps après. Son assassin, Habib, 23 ans, a apporté le couteau sanglant au poste de police d’Abadan et a avoué avoir commis le meurtre.

Ce n’est pas la première fois que cela se produit dans cette famille. La tante de Barihi a été assassinée par ses frères et son mari après avoir demandé le divorce en raison de la toxicomanie de son mari.

Il est probable qu’aucun des deux hommes ne recevra une punition adéquate pour ces meurtres horribles par un gouvernement qui promeut la misogynie.  Ces meurtres interviennent trois semaines après que Romina Ashrafi, 14 ans, a été décapitée dans son sommeil par son père parce. La loi iranienne institutionnalise les crimes d’honneur et ce dernier n’encourt que trois ans de prisons.

Selon la loi de la République islamique, le père de Romina, 14 ans, qu’il a tuée “pour l’honneur” le 21 mai, est à peine coupable. Le père a légalement tous les droits sur sa fille. Elle est sa propriété, avant de devenir celle de son époux. Alors que l’adolescente s’est endormie, il laisse libre cours à sa fureur : il la décapite.

En Iran, la loi du talion – vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent – prévaut pour les meurtres. Selon le code pénal islamique, c’est aux “héritiers directs” de la victime ( son père, sa mère, ses enfants) que revient le choix de pardonner au meurtrier en échange d’une amende, la “diyya”, ou de demander l’exécution de la peine capitale.

Selon la loi, il reviendrait donc au père de se prononcer sur son propre sort ! Pour résoudre ce paradoxe, la loi fait donc une exception quand le père tue son enfant. Le code pénal prévoit alors une peine de 3 à 10 ans de prison, ainsi que le versement de l’amende. Le tarif fixé pour une femme est la moitié de celui fixé pour un homme. C’est donc ce qu’encourt Reza Ashrafi, le père de Romina. Il pourrait même bénéficier d’un allègement de peine si son “état émotionnel” est considéré comme circonstance atténuante. La mère, qui a demandé à ce que la loi du talion s’applique, n’a aucune chance d’être entendue.

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