Iran Iran (actualité) Iran: nouvelle défaite de Rohani au Parlement

Iran: nouvelle défaite de Rohani au Parlement

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TÉHÉRAN, 29 octobre 2014 (AFP) – Par Cyril JULIEN – Le président iranien Hassan Rohani a subi mercredi une nouvelle défaite face aux conservateurs après le rejet par le Parlement de son candidat au poste de ministre des Sciences, deux mois après la révocation de son prédécesseur jugé trop proche des réformateurs.

C’est la troisième fois depuis la prise de fonctions de M. Rohani en août 2013 que les députés rejettent le candidat du gouvernement comme ministre des Sciences, de la Recherche et des Technologies. Ce poste est sensible car il chapeaute les universités, “un milieu très actif politiquement et très compliqué à gérer” pour le régime, a expliqué à l’AFP un diplomate occidental en poste à Téhéran.

Ce rejet illustre aussi les tensions entre le gouvernement et le Parlement, dominé par les conservateurs, qui craint la politique d’ouverture vers l’Occident prônée par M. Rohani. L’aile dure du camp conservateur dénonce un laxisme dans le respect de la morale islamique et “l’invasion” de valeurs occidentales dans la société iranienne.

Après près de trois heures de débats, Mahmoud Nili-Ahmadabadi, un réformateur, n’a convaincu que 79 députés sur les 246 votants, 160 ayant voté contre sa candidature (7 abstentions).

Le précédent titulaire du poste, Reza Faraji Dana, avait été révoqué fin août par les députés qui lui reprochaient d’avoir nommé dans son cabinet des responsables ayant participé au mouvement de contestation contre la réélection de l’ex-président Mahmoud Ahmadinejad en juin 2009.

 

– ‘Lignes rouges’ –

La “sédition”, terme utilisé par les conservateurs pour désigner la contestation de 2009, a encore une fois été au centre des débats. M. Nili-Ahmadabadi a dû clarifier ses positions sur le mouvement qui avait fait descendre des milliers de personnes dans les rues.

La contestation avait été sévèrement réprimée et plusieurs milliers de personnes, dont beaucoup d’étudiants, avaient alors été arrêtés. Les deux candidats réformateurs qui avaient dénoncé des fraudes massives lors du scrutin, Mir-Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi, sont assignés à résidence depuis février 2011.

“Jusqu’à maintenant, aucun de mes collègues ni moi-même n’avons dépassé les lignes rouges fixées” par le guide suprême Ali Khamenei, a affirmé le candidat, ancien président de la Faculté des Techniques à l’Université de Téhéran.

Les députés l’interrogeaient sur une lettre ouverte à l’ayatollah Khamenei signée par des universitaires, dont lui-même, qui dénonçait les attaques contre les étudiants à l’intérieur des campus en 2009.

“Tous mes collègues croient dans le système (de la République islamique) et ont agi dans le cadre de ce système”, a assuré M. Nili-Ahmadabadi.

 

– ‘Bâton des conservateurs’ –

En début de session, Hassan Rohani avait défendu à la tribune son candidat, affirmant que les “universités ont besoin d’une atmosphère pacifique”.

Le ministère est actuellement dirigé par Mohammad Ali Najafi, un autre candidat rejeté par les députés, qui assure l’intérim jusqu’au 20 novembre.

“La question de la sédition est devenu un bâton utilisé par les fondamentalistes et les conservateurs modérés pour imposer leur volonté”, a dénoncé Ahmad Shirzad, un professeur d’université cité par le site d’information Aftab, proche de M. Rohani.

Le camp conservateur a au contraire rejeté la responsabilité de son vote sur le gouvernement. “Si les relations entre les deux branches étaient bonnes, ce candidat aurait obtenu un vote de confiance”, a expliqué le député Ali Motahari, cité par l’agence Irna.

Un candidat acceptable serait “outre une personnalité académique, un gestionnaire compétent et qui peut empêcher l’atmosphère dans les universités de devenir comme pendant la période des réformateurs”, sous la présidence de Mohammad Khatami (1997-2005), a expliqué Gholam-Ali Hadad-Adel, l’un des ténors conservateurs au Parlement et un proche du guide suprême.

Le 20 août, M. Faraji Dana avait été le premier ministre du gouvernement Rohani à subir une motion de censure. Certains députés veulent maintenant convoquer le ministre de la Culture, Ali Janati, pour avoir autorisé la sortie de huit films contre l’avis d’une commission. Mais selon Abbas Moghtadaie, un député conservateur, “il n’y a pas de motion de censure au programme du Parlement dans un proche avenir”.

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