Iran Nucléaire L'Iran ne cédera pas sur le nucléaire : Larijani

L’Iran ne cédera pas sur le nucléaire : Larijani

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AFP, Téhéran, 4 décembre – L’Iran n’acceptera jamais de se soumettre aux demandes occidentales de limiter son programme nucléaire civil et refuse de maintenir la suspension de l’enrichissement au-delà de quelques mois, a déclaré à l’AFP Ali Larijani, dirigeant iranien en charge du nucléaire.

M. Larijani a ajouté que la République islamique était suffisamment puissante pour dissuader tout autre pays de l’attaquer, ajoutant que les pays occidentaux seront aussi “perdants” en cas d’envoi du dossier iranien au Conseil de sécurité.

“L’Iran ne veut pas construire la bombe atomique. Cela n’est pas permis selon la religion. Ceux qui ont utilisé la bombe atomique au Japon ne sont pas compétents pour nous interdire la technologie nucléaire”, a déclaré M. Larijani lors d’une interview accordée à l’AFP au siège du Conseil suprême de la sécurité nationale, dont il est responsable.

“Les négociations avec les Européens auront pour unique sujet l’enrichissement d’uranium destiné à fabriquer du combustible nucléaire en Iran même car c’est notre droit et il n’y aura aucun autre sujet”, a-t-il prévenu en ajoutant que les négociations avec les Européens vont démarrer “d’ici deux ou trois semaines”.

La France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne – soutenus par les Etats-Unis – soutiennent que la seule “garantie objective” que l’Iran ne cherche pas à fabriquer l’arme atomique est qu’il abandonne l’enrichissement d’uranium.

Les Européens veulent se concentrer sur les idées évoquées par Moscou proposant à l’Iran de faire de l’enrichissement sur le sol russe.

Mais M. Larijani a rejeté une telle éventualité affirmant que “toute proposition devait avoir pour condition l’enrichissement en Iran même”.

“Nous sommes membres de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et nous avons accepté le Traité de non prolifération (TNP). Nous avons des devoirs, que nous appliquons, mais nous avons aussi des droits. Nous n’acceptons pas que l’on fixe des règles discriminatoires à notre pays”, a-t-il dit.

Il a ajouté que la suspension des activités ultrasensibles d’enrichissement – destinées à la fabrication du combustible mais qui peuvent aussi éventuellement être utilisé pour l’arme atomique – devrait prendre fin “d’ici quelques mois”.

“Ce n’est pas trop compliqué de trouver une formule de compromis si les parties engagées dans la négociation sont sérieuses”, a-t-il affirmé, ajoutant que “la recherche et le développement et la fabrication de centrifugeuses (suspendues depuis le début de l’année) ne font pas partie des sujets de négociation”.

“Le moment et la manière de reprendre ces activités ne concerne que nous-mêmes. Dans nos universités, nous faisons déjà de la recherche”, a-t-il dit.

“Est-ce que fabriquer des centrifugeuses ou faire de la recherche signifie construire la bombe ? Non. Il faut injecter du gaz UF6 dans les centrifugeuses pour faire de l’enrichissement et nous sommes prêts à donner les garanties pour cela”, a-t-il ajouté.

“Les Européens ne doivent pas agiter la menace du Conseil de sécurité. Le peuple iranien est brave et ne craint pas ce genre de menace”, a-t-il prévenu.

“Informer ou saisir le conseil de sécurité signifie que les Européens entrent dans un jeu de perdant-perdant. Nous aurons certes des problèmes, mais les Européens ne vont pas sortir gagnant. Le parlement iranien a voté une loi obligeant le gouvernement à revenir sur la suspension des activités d’enrichissement et à ne plus appliquer le protocole additionnel. Si les Européens choisissent la voie (du conseil de sécurité) nous n’aurons d’autres choix que suivre le chemin tracé par le parlement”, a-t-il menacé.

Affichant un large sourire et très serein, il a minimisé l’éventualité d’une attaque militaire contre son pays.

“Le prix élevé du pétrole a un effet dissuasif. L’Iran est une cible difficile, contrairement à l’Irak de Saddam Hussein qui avait été affaibli par le conflit avec l’Iran et la guerre qui a suivi l’invasion du Koweït. De plus, le régime irakien n’avait aucune légitimité interne et régionale”, a-t-il dit.

“Les Américains se sont enlisé en Irak”, a-t-il affirmé, ajoutant qu’une attaque contre l’Iran est “un risque qu’aucune personne intelligente ou pays logique ne prendra”.
“Nous n’avons pas beaucoup de faiblesse” dans notre système de défense anti-aérien, a-t-il ajouté.

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