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Nucléaire iranien: les « Six » repoussent la décision sur d’éventuelles nouvelles sanctions

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The Associated Press, 28 septembre – Compromis. Les six pays impliqués dans le dossier du nucléaire iranien (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies plus l’Allemagne) sont convenus vendredi de repousser à novembre les discussions sur une nouvelle résolution qui renforcerait les sanctions contre l’Iran, attendant de voir si Téhéran répond aux questions concernant son programme nucléaire.

Dans un communiqué conjoint, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont souligné qu’ils finaliseraient la nouvelle résolution et soumettraient le texte au vote à moins que les informations émanant du directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et du haut représentant de l’UE pour la politique étrangère fassent état en novembre de « résultats positifs de leurs efforts ».

Washington, Londres et Paris étaient favorables à de nouvelles sanctions pour faire pression sur l’Iran afin que ce pays suspende l’enrichissement d’uranium, mais Moscou et Pékin voulaient donner davantage de temps à Téhéran pour se conformer aux demandes des inspecteurs de l’AIEA.

La secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice a toutefois affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un revers pour les Etats-Unis, qui font pression depuis plusieurs mois en faveur de nouvelles sanctions.

« Nous avons dit clairement que nous avons toujours voulu garder les deux voies », a-t-elle confié, faisant référence aux négociations et à la menace de sanctions. « Nous observerons quels progrès seront faits ».
Nicholas Burns, numéro trois du Département d’Etat américain, a concédé que « l’alchimie de ce groupe est tel que tout va être un compromis ». Le communiqué, a-t-il dit, envoie « un message très dur et strict à l’Iran ».

Washington considère qu’il y a engagement, par les six pays impliqués, à soutenir une troisième série de sanctions si le prochain rapport ne confirme pas une réponse positive iranienne, a-t-il expliqué. Mais des diplomates de l’ONU ont prévenu que ce qui constitue une réponse positive peut différer, particulièrement entre les Etats-Unis et la Russie.
Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, qui estime qu’il faut empêcher l’Iran de se doter d’armes nucléaires, a qualifié pour sa part la réunion de vendredi de succès.

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé que l’intention du communiqué n’était pas de menacer de sanctions, mais plutôt de « se concentrer pour tout faire afin d’aider à la réussite des négociations ». Plus tôt dans la semaine, il avait eu une âpre conversation avec Mme Rice sur le sujet.

En juillet, le patron de l’AIEA Mohamed El-Baradei et des dirigeants iraniens avaient décidé que Téhéran devait faire la lumière sur son passé, en répondant, d’ici décembre, aux questions des experts en désarmement sur plus de 20 années d’un programme nucléaire resté en grande partie secret. Les techniciens de l’AIEA sont repartis pour Téhéran cette semaine pour questionner les Iraniens. Et El-Baradei, se défendant de ceux qui dénonçaient ce pacte, les a exhortés à attendre jusqu’à la fin de l’année.

Dans le communiqué diffusé après la réunion des représentants des six pays impliqués dans le dossier, en présence du chef de la politique étrangère de l’UE Javier Solana, les participants ont certes salué cet accord AIEA-Iran. Mais surtout appelé Téhéran à « produire des résultats tangibles rapidement et efficacement en clarifiant toutes les questions en suspens et les préoccupations concernant le programme nucléaire de l’Iran, dont des sujets qui pourraient avoir une dimension nucléaire militaire », souligne le communiqué.

« Une transparence totale, et une coopération de l’Iran avec l’AIEA sont essentielles pour répondre aux préoccupations non résolues », précise le document.

Depuis le début du bras de fer avec Téhéran sur le nucléaire, deux résolutions de l’ONU ont déjà instauré des sanctions, sans convaincre le régime des mollahs de suspendre ses programmes d’enrichissement de l’uranium.

Dans leur communiqué, les Six exhortent l’Iran « à s’engager dans un dialogue afin de créer les conditions pour des négociations ».

Ils demandent à Javier Solana de rencontrer le principal négociateur iranien sur le nucléaire, Ali Larijani, « pour poser les fondations de futures négociations ». Selon le communiqué, « les risques de prolifération du programme nucléaire iranien restent une source d’inquiétude sérieuse pour la communauté internationale ».

RESULTATS TANGIBLES

Les Occidentaux soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique sous couvert d’un programme civil, ce que l’Iran dément.
Un diplomate européen, impliqué dans les discussions, a parlé d’une « victoire de l’unité sur la précipitation ».

La Russie et la Chine étaient opposées à un renforcement immédiat des sanctions et estimaient qu’il fallait accorder plus de temps à Téhéran pour coopérer avec l’AIEA.

L’Allemagne, premier partenaire commercial européen de l’Iran, se tenait entre deux eaux: elle insistait pour qu’un nouveau train de sanctions soit approuvé dans le cadre des Nations unies et subordonné au non-recours à la force militaire.

« Nous ne pouvons exclure des sanctions sur le long terme dans notre recherche d’une solution diplomatique et politique. Cela dépend de l’Iran », a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier.

Alors que les grandes puissances discutaient encore de la position qu’elles allaient adopter, le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré à New York que les sanctions ne changeraient pas la politique nucléaire « rationnelle » de son pays.

« Les sanctions utilisées comme un outil politique pour exercer une pression ne réussissent pas à faire changer le choix politique rationnel de l’Iran », a déclaré Manouchehr Mottaki.

Les déclarations du président iranien Mahmoud Ahmadinejad cette semaine devant l’Onu, déclarant que le dossier nucléaire iranien était « clos » et que Téhéran ignorerait les injonctions du Conseil de sécurité, semblent n’avoir que peu d’impact sur les discussions.

Dans leur communiqué, les grandes puissances se sont félicitées de l’accord de coopération entre ElBaradeï et l’Iran sur un programme de travail visant à éclaircir les questions au sujet du nucléaire iranien. Ce plan a suscité les critiques des Occidentaux, Washington estimant qu’il permet surtout à Téhéran de gagner du temps.

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